Mythes et symboliques du loup

Il fascine autant qu’il fait peur. Partout où il s’installe, il fait parler de lui, en bien parfois, mais beaucoup en mal, peut être même de plus en plus… mais toujours il laisse sa marque. Il est inoubliable.

Cet animal qui a évolué tout autant que l’humain dont il croise la route encore et encore, s’est inscrit tout autant dans les contes que dans les religions, et encore aujourd’hui il est au centre de certaines préoccupations. Aujourd’hui, je vous parle des mythes et symboliques du loup !

Loup gris se tenant dans une étendu d’herbe.
Loup gris commun au Woburn Safari Park – par Karen Abeyasekere

Canis Lupus… Chien ou loup ?

Lorsqu’on s’interroge sur l’origine du loup, on en vient toujours à parler du chien. Et pour cause : les deux canidés sont de la même espèce : le Canis Lupus.

Etymologie

Bien évidemment, Canis Lupus vient du latin : Canis pour chien, et Lupus pour loup. Chien loup donc… Mais pour le sujet qui nous concerne aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur la partie loup, qui est donc devenu un des noms vernaculaires de l’animal.

Loup, donc, vient du latin Lupus, qui vient lui-même de l’indo-européen wĺ̥kʷos, à l’instar du grec Lúkos. Loup a existé sous la forme ancienne de lou, venant aussi de l’ancien français leu (l’origine de la queue leu-leu, expression qui désignait le déplacement d’une meute en chasse) qui fut utilisé jusqu’au 14e siècle. Le « p » final de loup est par ailleurs un ajout moderne, le mot s’écrivant auparavant louf, le f devenant v devant une voyelle, donnant ainsi louve au féminin, puis louveteau pour le petit.

Quant aux langues germaniques, elles utilisent le proto-germanique *wulfaz dont est ainsi tiré les mots comme wulf ou wolf.

A savoir que lorsqu’on parle du loup sans autre précision, on a tendance à désigner ainsi le « loup gris commun » (Canis Lupus Lupus), car c’est la sous-espèce la plus présente et connue dans le monde. Et il existe aussi d’autres loups qui n’ont pas « lupus » dans leur nom latin : le loup de l’est (Canis Lycaon), le loup rouge (Canis Rufus), le loup d’Abyssinie (Canis Simensis), ou encore le loup des Indes (Canis Indica).

Un peu d’histoire

Les premiers membres de la famille Canis seraient apparus au Miocène (il y a 6 millions d’années) en Amérique du Nord, mais les premiers loups actuels seraient apparus plutôt il y a 1,8 million d’années. Ensuite, Canis Priscolatrans (qui ressemblait au loup rouge actuel) a commencé à coloniser l’Eurasie (en passant par le détroit de Béring). Là, l’espèce a continué d’évoluer, avant de recoloniser l’Amérique du Nord en plusieurs vagues, donnant ainsi le loup du Canada (Canis Lupus Occidentalis), le loup des Grandes Plaines (Canis Lupus Nubilus), le loup arctique (Canis Lupus Arctos), et le loup du Mexique (Canis Lupus Baileyi), tous issus du loup gris commun.

Depuis la préhistoire, le loup a vu son statut évoluer dus à ses rapports avec l’être humain. Il fut d’abord très respecté, et même vénéré, puis on a commencé à le voir comme un concurrent – l’humain chassant les mêmes proies – et enfin comme un « être maléfique » qu’il fallait évidemment éliminer… Ainsi, il a failli disparaître totalement, pour finalement être protégé dans certains pays (de manière variable) et même réintroduit par endroits (comme en France ou en Belgique).

Qui dit relation avec l’humain, dit évidemment domestication, avec le chien, la sous-espèce domestiquée de l’espèce Canis Lupus. Mais sous son aspect sauvage indomptable (le loup ne se domestique pas et ne s’apprivoise que via imprégnation), le loup aura inspiré et influencé très fortement les différentes cultures (au point de laisser une trace dans les noms propres – de personnes comme de localités), jusqu’au niveau religieux (il a existé des cultes dédiés à cet animal dans certaines localités), et ce de manière positive comme négative. Bien entendu, il a fait l’objet de beaucoup de fausses croyances, liées aux peurs de l’humain, et qui rejaillissent encore aujourd’hui sur sa réputation…

Le loup, une créature mythologique et folklorique

Présent dans beaucoup de cultures – partout où on trouve le loup naturellement – le loup est un motif commun et très fréquent dans les mythologies et cosmologies fondatrices des peuples d’Eurasie et d’Amérique du Nord. Il a également une grande importance dans les cultures et religions des nomades que ce soit dans les steppes eurasiennes que dans les plaines nord-américaines. A noter que le loup est très certainement l’animal le plus emblématique de l’histoire de l’Eurasie depuis l’Antiquité.

Les premières interactions entre le loup et l’humain ont eu lieu au cours du Paléolithique, et c’est là qu’on a commencé à représenter le loup dans les fresque rupestres. Dès lors, le loup devient le symbole de la force de la nature, qui peut à la fois protéger et détruire. Chez les chasseurs-cueilleurs pour qui le loup était le seul prédateur en concurrence – par son organisation de meute – il est tout à la fois un adversaire et un exemple.

Chez les romains, le loup était lié à Mars, mais l »exemple sans doute le plus connu du loup dans la culture Antique est bien entendu la louve de Rome qui recueilli et éleva les jumeaux Romulus et Remus, qui fondèrent la cité antique. Elle aussi bénéficiait d’une double image : protectrice pour les enfants puis pour Rome, elle s’attaquait aussi aux humains et aux bétails. Des chasseurs spécialisés, les luparii, sont engagés par les grands domaines pour les protéger. De la même manière, en Grèce, les lois de Solon prévoient des primes pour tous ceux qui abattent des loups dangereux. Mais, bien qu’ayant l’image de bête féroce, le loup n’était pas craint pour autant, ni par les romains ni par les grecs. Toujours chez les grecs, on en vint à confondre les termes pour lumière et loup, et ainsi le dieu Apollon eu le loup comme attribut, et si on l’appelle le Dieu de la Lumière, on le retrouve également sous l’appellation Dieu-Loup. On retrouve également ce lien avec l’animal dans l’histoire même de la naissance d’Apollon et Artémis : leur mère, Léto, fut transformée en louve par leur père, Zeus, pour la protéger de la colère d’Héra. Puisque leur mère était alors une louve, les enfants furent ainsi surnommés Apollon Lykeios et Artémis Lykaea. Enfin, le dieu Hadès portait un vêtement en peau de loup.

Dans le monde celte, le loup accompagnait le dieu Lug et était un des attributs du dieu Belén. On dit aussi que le mentor de Merlin était un druide nommé Bleiz, qui veut dire loup en breton. Chez les gaulois, le loup était lié au guerrier, et certains pensaient pouvoir s’accaparer la force du loup en portant sa dépouille par-dessus son casque.

A l’image de Lug, on retrouve Odinn dans les cultures nordiques : lorsqu’il trône au Valhalla, le Père de Tout est accompagné de deux loups couchés à ses pieds. Mais le loup le plus mythique chez les scandinave est Fenrir le Destructeur, le loup géant, fils de Loki, et lié au Ragnarök, et qui fut enchaîné sous Asgard par Tyr. Il existe également deux autres loups monstrueux, les Managarm du nom de Hati et Sköll, descendants de Fenrir et de la géante Iarnvid, qui dévorent les mourants et avaleront la Lune et le Soleil durant Ragnarök, pour ensuite asperger le ciel et le trône des dieux de sang. 

Enfin, plusieurs peuples se disaient descendre des loups : les Étrusques, les Daces, les Lutices. A noter également que même chez les Égyptiens le Canis Lupus avait son importance, puisque plusieurs dieux, la plupart lié au domaine funéraire, avaient une tête de canidé (principalement de chacal) : Anubis, Seth, Douamoutef, Ophoïs, Oupouaout, Bedou, Baba, Khentamentiou, Sedy, Oupiou et Oupaout, ainsi que la déesse Anupet.

Chez les Hébreux, le loup était la manifestation de la toute-puissance divine : aux habitants de Jérusalem qui avaient refusé de se convertir, Dieu aurait envoyé « le loup du désert » pour les ravager. L’Église chrétienne tenta ensuite de reprendre cette image mais dans les campagnes de l’Europe en pleine expansion démographique et en phase de défrichement massif, le loup passait plutôt pour un envoyé du Diable, et comme il restait un des symboles du paganisme, les autorités religieuses de l’époque finirent donc par le diaboliser et en vinrent à prôner son extermination.

Cependant ce n’est qu’à la fin du Moyen Âge que le loup perd son statut de protecteur, car c’est à cette période de crise que les famines touchèrent aussi les loups (puisqu’on chassait le gibier au point de dépeupler les forêts), qui s’approchèrent alors de plus en plus des zones habitées et se mirent à attaquer, ponctuellement, les enfants ou les adultes faibles. Encore sympathique sous les traits d’Ysengrin dans le célèbre Roman de Renart, le loup est finalement diabolisé à la Renaissance et devient l’incarnation du vice, du mal, et de la cruauté. Puis, il acquit pour finir son image actuelle de « grand méchant loup », avec des histoires de loups anthropophages comme la fameuse Bête du Gévaudan, et que l’on retrouve dans le conte du Petit Chaperon Rouge.

Il y a toutefois des exceptions : Saint François d’Assise considérait le loup comme un semblable, et le loup et les louveteaux ont une place importante dans le scoutisme européen. Aujourd’hui, le loup est moins présent – car trop chassé – et tend à être de plus en plus protégé au fil des décennies.

Dessin représentant la louve de Rome : une louve en train d’allaiter deux nourrissons.
Lupa Capitolina, la Louve de Rome allaitant Romulus & Remus – Dans "History of Rome", publié en 1860 par Henry Liddell, illustration de Sir John Gardner Wilkinson

Le loup dans la sorcellerie

Ainsi donc, le loup revêt tout à la fois une aura positive et une aura négative, mais il faut voir cela comme les deux faces d’une même pièce. C’est par exemple tout autant l’intuition que l’impulsivité, mais aussi le manque de confiance en soi ou envers quelqu’un ou une menace contre laquelle on doit se protéger. Le tout est, comme toujours, d’en comprendre les signes.

Le loup en tant que guide spirituel symbolise une forte connexion avec ses instincts, et son apparition en rêve ou lors d’une méditation peut nous faire comprendre qu’on utilise notre intuition dans le bon sens ou qu’on nous appelle à le faire pour résoudre un défi actuel. Mais s’il apparaît comme menaçant, alors il faut le voir plutôt comme un avertissement. Dans tous les cas, le loup est là pour nous rappeler que nos instincts sont important et que nous devons écouter ce qu’il y a en nous, tout en mettant en exergue ce qui nous menace (y compris soi-même).

Mais rêver de loup peut aussi revêtir d’autres messages. Le loup symbolise la survie, la solitude, la confiance en soi et la fierté, mais c’est en fonction de ce qu’il fait dans le rêve, de son apparence, de son attitude, que l’on peut être en mesure d’interpréter son message.

Une attaque de loup indique que l’on est dans une situation incontrôlable qui a tendance à nous consumer, comme par exemple si on a trop tiré sur la corde dans le dépassement de notre zone de confort, notamment si c’est en lien avec les autres. Il convient donc de prendre du recul par rapport à ce qui nous agresse. Si le loup nous poursuit, il peut symboliser une relation abusive, une obsession ou une dépendance de quelqu’un d’autre sur soi. Encore une fois cela renvoie à une situation où on ne contrôle rien, qui nous accule. Un loup qui grogne indique de l’hostilité, de l’agressivité, une menace qui nous fait « montrer les dents » pour faire reculer les autres. Enfin, un loup qui mord peut révéler une trahison, selon la localisation de la blessure… 

A l’inverse, un loup qui court loin de nous dans le rêve, ou même qui s’enfuit, dénote d’un profond désir de solitude, ou un besoin de pouvoir régler soi-même les problèmes qui préoccupent.

Lorsqu’on en arrive à tuer un loup en rêve, il y a là aussi l’idée de trahison, mais cette fois c’est nous qui l’exerçons sur les autres. Il s’agit de fait d’un avertissement : on s’apprête à faire une mauvaise action, à prendre une mauvaise décision, qui fera souffrir des personnes auxquelles on tient ou envers qui on avait un engagement.

Enfin, un loup qui parle est l’illustration de notre psyché et il est important de bien comprendre ses paroles. Il peut être l’expression de nos peurs tout autant que le reflet de notre âme, de notre esprit. Bien entendu, comme tout animal mystique, il accompagne certains travaux que l’on fait sur soi, comme le shadow work, la connexion aux vies antérieures, ainsi que pour tout ce qui touche à la Lune.

Correspondances magiques

  • Système solaire : Lune, Soleil, Mars
  • Zodiaque : Scorpion
  • Fêtes : Mabon
  • Moments de la journée : Crépuscule
  • Lune : Pleine Lune, Lune de Janvier
  • Éléments : Air (Vent) & Terre
  • Plante : aubépine, chêne
  • Déesses : Artémis, Hécate, Badb, Cailleach Bheur, Cerridwen, La Morrigan
  • Dieux : Apollon, Gwydion, Hadès, Mars, Odinn, Lug, Osiris
  • Problèmes, intentions & pouvoirs : acceptation des autres, action, agression, après-vie, bataille / guerre (compétences guerrières), capacités psychiques, changements (s’en servir à son avantage), communauté, compétences (enseigner), confiance, connaissance, conseils (rêves), courage, danger, encouragement, esprits, famille (unité), fertilité, force, gardien, générosité, indépendance, inimité, instinct, intelligence, intuition, leadership, les sens (les renforcer), liberté, loyauté, magie lunaire, messages / présages, mort (l’affronter avec dignité), obscurité, orientation, passion, persévérance, protection (de soi & de la famille), réussite / succès, ruse, sagesse, stabilité, subsistance, travail chamanique, travail onirique (conseils), travail sur soi, vérité.
Meute de loup gris en train de hurler dans une forêt.
Meute de loup gris en train de hurler au Wildpark Neuhaus, parc naturel de Solling-Vogler en Basse-Saxe – par Meles1

Et nous voilà à la fin de cet article sur cet animal mythique qu’est le loup, j’espère que cela vous aura plu !

A vendredi prochain pour un nouvel article, dans lequel je vous parlerais de la labradorite, une de mes pierres fétiches.

Prenez soin de vous et que Mélusine vous garde…

Amélie la sorcière

Sources

  • Wikipédia 
  • Le grand livre des correspondances” de Sandra Kynes
  • Le site We Mystic
  • « Witch Please » de Jack Parker
  • Mes connaissances personnelles…
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