Loki, le malicieux changeant

Me voici de retour pour parler mythologie nordique, et cette semaine c’est au tour du dieu de la malice, de la discorde et des illusions, celui qu’on voit toujours comme le grand méchant de l’histoire…

Bien plus complexe qu’il n’y paraît, cette divinité sait susciter de vives émotions à son sujet. Aujourd’hui donc, je vais vous parler de Loki, le malicieux changeant, celui qui a plus d’un visage et sait retenir l’attention par sa ruse…

Page de manuscrit représentant un homme avec des drôles d'habits, tourné vers la droite mais regardant vers la gauche, et tenant un filet.
Loki tel que représenté dans le manuscrit MS NKS 1867 4° du 18e siècle.

Les cultures nordiques se transmettaient oralement, et la majorité des écrits qui nous sont parvenus viennent d’Islande et datent des XIIe et XIIIe siècles (avec notamment Snorri Sturluson et ses Eddas), à l’époque où l’île se faisait chrétienne. Aussi, de nombreuses légendes sont à jamais perdues, et ce qui nous est parvenu a été influencé, modifié, par l’Église qui tenta de tourner en ridicule certains mythes pour effacer ces divinités des traditions des peuples conquis…

Le trompeur aux multiples facettes

Loki est un dieu à part, depuis ses origines propres jusqu’à celles de son nom, tout comme sa destinée dans la mythologie nordique. Aucun culte ne lui était voué, et pourtant il est un de ceux qui ont fait le plus parler et écrire à son sujet…

Loki est le fils de deux géants : Fárbauti, « celui qui frappe dangereusement » et qui personifie la foudre, et Laufey, « l’île aux feuillages » qui serait la personnification de l’arbre (elle est aussi appelée Nál, « l’aiguille », en raison de sa minceur et de sa faiblesse), ce qui ferait de Loki le dieu issu d’un arbre foudroyé et donc une sorte de personnification du feu. Loki aurait deux frères, Býleist et Helblindi, mais il y a trop peu d’informations à leur sujet pour en avoir la certitude. En revanche, ce que l’on sait, c’est que Loki a été adopté par les Ases et qu’il est le « frère de sang » (par un pacte) d’Odinn lui-même (et non le frère adoptif de Thor comme on le voit dans les Marvel…).

Loki est marié à l’Ase Sigyn, dont la seule attribution qui nous est parvenue et celle de femme fidèle recueillant le venin afin de sauvegarder Loki lors de son supplice. D’elle, il a eut au moins un fils, Narfi. L’autre fils, Vali, n’a pas de mère mentionnée…

Enfin, Loki engendra également des enfants monstrueux : Sleipnir, le cheval à huit pattes, qu’il conçu lorsqu’il se changea en jument pour faire fuir le cheval du géant qui construisait la muraille d’Asgard (et lui faire perdre son pari, et ainsi la main de Freyja), et qui fut offert à Odinn, mais surtout, avec la géante Angrboða, le serpent géant Jörmungrandr, la déesse Hel qui gouvernera le royaume des morts, et le Grand Loup Fenrir. Tous les trois participeront activement à Ragnarök. 

Quant à son nom… ou plutôt ses noms, Loki pourrait venir du vieux norrois lúka (signifiant « proche »), mais si on se réfère à la fibule de Nordendorf, datée du 7e siècle, et portant une inscription runique de dieux germaniques dont Logaþore, on se rapproche des termes du vieil anglais logþor ou logþer qui signifient « malicieux », ce qui correspondrait bien à la nature de Loki… Une autre origine possible qui est avancée par les spécialistes, serait le verbe du germanique commun lukijan, désignant l’action de fermer un anneau. Avec ce sens, Loki acquiert alors un aspect de Feu Gardien (mais pas à la manière de son ennemi Heimdallr : si l’Ase Blanc est un protecteur, ici Loki serait plutôt celui qui contient la destruction). Un autre nom de Loki le renvoie au vent, à savoir vieux norrois loptr. Enfin, Loki est également nommé Hveðrungr, mais ici l’étymologie est trop incertaine (on parle de « hurleur » ou « écumant »…).

Mais si par l’origine de son nom est trouble, Loki a droit en revanche à pléthore de surnoms, ou plus précisément de kenningar (figure de style propre à la poésie scandinave qui consiste à remplacer un mot, ou le nom d’un personnage ou d’une créature par une périphrase), la plupart bien peu flatteurs puisqu’ils renvoient à ses frasques, cités au chapitre 16 du Skáldskaparmál : « Fils de Farbauti et de Laufey, de Nál ; le frère de Byleistr, de Helblindi ; le père de Vanargandr, de Jörmungandr, de Hel, et Nari, d’Áli ; le parent, l’oncle paternel, le compagnon de route et de siège d’Óðinn et des Ases, le visiteur et l’ornement du coffre de Geirröđr, le voleur des géants, du bouc, du collier des Brísingar, des Pommes d’Iðunn ; le parent de Sleipnir, Mari de Sigyn ; l’ennemi des dieux ; le dévastateur de la chevelure de Sif ; l’artisan de malheur ; l’Ase malin ; le diffamateur et le trompeur des dieux ; le ráðbani de Baldr ; l’Ase lié ; l’ennemi obstiné de Heimdallr et de Skadi. » On retrouve aussi d’autres kenningar dans le chapitre 33 du Gylfaginning (calomniateur des Ases, initiateur des tromperies, honte de tous les dieux et de tous les hommes) et on trouve également « père du Loup », « artisan de malheur », « corneille du mal » dans le Lokasenna. Enfin, la strophe 7 du poème scaldique Haustlǫng désigne Loki par le kenning « charge des bras de Sigyn » (rappelant qu’elle porte à bout de bras le bol où elle recueille le venin).

Les frasques de Loki

Ce pour quoi Loki est le plus connu, ce sont bien entendu les mythes autour de ses erreurs, de ses manipulations, de ses tromperies. Le plus fourbe étant qu’il est très souvent à la fois la cause ET la solution des maux des Ases et des Vanes, ce qui illustre à merveille sa nature ambivalente. Mais si on a vite fait de voir en Loki un dieu malsain, son histoire est intrinsèquement liée au cycle de la vie selon la mythologie scandinave : fils de géants, il se lie à Odinn et sert fidèlement les dieux, certes en commettant parfois des erreurs mais en tenant toujours à les réparer… puis, progressivement, il devient l’ami dangereux puis l’ennemi des dieux contre lesquels il participe à Ragnarök.

Considérons d’abord ses erreurs, qui ont pour la plupart conduit à de bonnes choses. 

Une nuit, Loki profita du sommeil de Thor et de Sif, son épouse, pour raser la tête de la déesse et lui voler sa magnifique chevelure que tous admiraient à Asgard. Lorsque Thor menaça Loki, ce dernier proposa de faire forger par les nains une chevelure d’or pour Sif. Ce qui fut fait, mais en plus de cela, les nains fabriquèrent le bateau Skidbladnir pour Freyr et Gungnir, la lance d’Odinn. N’appréciant pas que tout se passe sans accroc, Loki paria sa propre tête que les frères Brokkr et Eitri ne sauraient fabriquer d’objets plus merveilleux que ceux-là. Voyant les nains se mettre à l’ouvrage, Loki se changea en mouche pour tenter de perturber Brokkr qui actionnait le soufflet et ne devait pas s’arrêter. Loki ne parvint pas à perturber la fabrication du verrat aux soies d’or Gullinbursti pour Freyr, ni celle de l’anneau d’or Draupnir destiné à Odinn. Cependant, il parvint à déranger suffisamment Brokkr lors de la confection de Mjöllnir, le marteau de Thor, qui se retrouva avec un manche trop court. Hélas pour Loki, Thor adore sa nouvelle arme, et Brokkr et Eitri obtinrent donc le droit de couper la tête du dieu farceur… qui n’avait pas dit son dernier mot : il avait promis sa tête, et non son cou, aussi fut-il impossible de le lui trancher… Loki eu donc simplement les lèvres cousu par un fil d’or.

Puis, le marteau de Thor lui fut volé, et après avoir été accusé de ce larcin, Loki aida à trouver le voleur, qui n’était autre que le géant Þrymr. Loki réussit à convaincre le géant de rendre son bien à Thor, seulement il demanda une contrepartie : la main de la belle Freyja. Qui entra dans une sourde colère en l’apprenant. Loki aida donc Thor, déguisé en Freyja (loki se faisant passer pour la servante de la déesse), à récupérer Mjöllnir sans que Freyja n’en souffre.

Un autre mythe raconte qu’un étranger (qui était en réalité un Jötunn, un géant) vint à Asgard proposer aux Ases de leur construire une muraille, aidé de son seul étalon, Svaðilfari. Leur promettant de bâtir la forteresse avant le printemps, il demanda en échange rien de moins que le Soleil, la Lune ET la main de Freyja (décidément). Les Ases convinrent d’un délai de six mois, pensant là l’exploit impossible et donc se persuadèrent que l’étranger perdrait son pari… Seulement la force du cheval permit au géant d’abattre un travail titanesque en un temps record, faisant craindre le pire aux Ases. Il décidèrent donc que, puisque Loki avait un don pour cela, c’était à lui de faire quelque chose pour que le géant perde. Loki se changea donc en jument en chaleur, et attira Svaðilfari loin de son maître qui ne put finir l’ouvrage à temps. Et tandis que Thor (qui était absent et revint juste à temps) fracassa le crâne du géant, Loki resta introuvable pendant plusieurs mois, et lorsqu’il revint il était accompagné d’un poulain gris à huit pattes, qu’il offrit à Odinn et qui se nommait Slepnir. Loki n’en parla pas mais tous savaient qu’il était la mère du cheval.

Freyja ne fut pas la seule déesse qui eut à souffrir directement ou indirectement de Loki. Car c’est à cause de lui qu’Idunn fut enlevée par le géant Þjazi , que Loki essayait de tuer. Comme elle avait ses pommes avec elle, qui donnaient la jeunesse éternelle, les Ases vieillissaient et ordonnèrent à Loki de réparer son erreur. Il parvint à ramener Idunn, mais le géant les suivit, et fut tué devant les murs d’Asgard. Sa fille, Skadi, vint le venger, mais fut convaincue de ne rien faire contre deux choses : épouser un des Ases en le choisissant par ses pieds (elle choisi Njord, le père de Freyja et Freyr, en pensant choisir Baldr, le plus beau des dieux) et qu’on la fasse rire, ce que Loki fit à l’aide d’une chèvre qui fut reliée par une corde aux testicules du dieu… 

En pendant à ces frasques qui eurent une fin heureuse, Loki commis également quelques atrocités, qui précipitèrent sa chute. Il y eut le vol de Brisingamen, le collier de Freyja, et pour lequel Loki et Heimdallr se battirent, chacun changé en phoque, achevant leur inimité. Puis le meurtre de Baldr, dont Loki est à l’origine bien qu’il ne l’ait pas tué lui-même : Baldr était béni, puisque Frigg, sa mère, avait demandé à toutes les choses existantes de ne jamais attenter à sa vie… mais elle n’avait pas demandé au gui, et Loki l’apprit. Loki trouva du gui, le mit dans la main de Höd l’aveugle, et guida son bras pour qu’il le lance sur Baldr, qui fut tué sur le coup. Hermód alla supplier Hel de laisser Baldr revenir, mais elle n’accepta que si toutes les choses existantes pleuraient le dieu… Les Ases envoyèrent donc des messagers à travers les mondes pour cela, et partout on pleura Baldr… sauf une géante, Thokk, qui était en fait Loki déguisé.

Enfin, Loki se mit à dos tous les Ases lors d’un banquet en proférant pour chacun et chacune des insultes, qui nous sont parvenues sous la forme du poème en prose du Lokasenna. C’est suite à cette querelle que Loki fut capturé, alors qu’il s’était changé en saumon pour s’enfuir : s’ennuyant alors qu’il se cachait, il avait fabriqué un filet capable de le retenir, puis, entendant venir les Ases, l’avait mis au feu avant de sauter à l’eau. Kvasir, le plus sage des Asses, comprit l’utilité du filet dont il trouva les reste dans les cendres et aida à en fabriquer un autre, et Thor captura Loki en l’attrapant par la queue. Puis Loki fut mis au supplice : il fut attaché à un rocher, dans une caverne, avec les entrailles de son propre fils (tué par son propre frère transformé en loup), avec un serpent au-dessus de sa tête qui laissait tomber son venin sur le front du dieu. Pour le protéger du venin, Sigyn porte à bout de bras un bol au-dessus de la tête de son mari, ne le laissant au supplice que pour vider son bol, et tous deux restent ainsi jusqu’au Ragnarök.

Alors, Loki sera libéré de ses liens et viendra conduire l’armée des morts de sa fille Hel contre les Ases. Là, Fenrir et Jörmungrandr seront tués, et Loki et Heimdallr s’entretueront, mettant ainsi un terme aux combats.

Illustration représentant de gauche à droite : dans le fond une femme présumée être la géante Angrboða, puis les enfants qu'elle a eu avec Loki, le serpent géant Jörmungandr, la déesse du royaume des morts, Hel, encore jeune fille, et le loup géant Fenrir.
"Lokis Gezücht", la progéniture de Loki : Hel, Fenrir et Jörmungandr. La figure à l'arrière-plan est vraisemblablement Angrboða. Par Emil Doepler (1855-1922).

Attributs & attributions de Loki

Outre le don particulier de créer des problèmes aux autres Ases et Vanes mais tout autant d’en trouver la seule résolution possible en leur faveur, Loki possède quelques pouvoirs dont le plus connu et reconnu est celui de la transformation, notamment en toutes sortes d’animaux (mouche, saumon, faucon, jument, phoque,…). Il est en outre capable de changer de sexe (il devient jument, mais aussi servante de la fausse Freyja, ou encore déguisé en la géante Thokk). Cette ambivalence dans le genre de Loki va jusqu’à perturber la magie de Valshamr, le manteau de plume de Freyja, qui n’est censé pouvoir être porté que par une déesse… mais dont Loki peut se parer sans problème.

D’une manière plus ésotérique, et bien que les mythe n’y fassent pas allusion, on associe généralement Loki au feu : cet élément est complexe et changeant, tantôt destructeur tantôt bienfaisant, comme le dieu. Par l’étymologie de ses noms, on le lie aussi à l’air (et plus précisément au vent). On associe également Loki aux tremblements de terre : on dit que lors de son supplice, à chaque fois que Sigyn doit vider le bol dans lequel elle recueille le venin du serpent pour protéger Loki, celui-ci doit à nouveau subir la douleur et crée ainsi des tremblements de terre.

Et bien évidemment, Loki est aussi un dieu représentatif de la magie, ce qui en ferait, en quelque sorte, un pendant tantôt malveillant tantôt bienfaiteur de Freyja (qui pour rappel est la Vane qui enseigna la magie aux Ases, notamment à Odinn). De même qu’il est la Némésis de Heimdallr, tout deux s’entretuant à la conclusion du Ragnarök, dont il est en parie la cause (par ses enfants monstrueux).

Notons enfin que pour voyager facilement entre les mondes, Loki possède des chaussures lui permettant de se déplacer à la fois dans les airs et sur les mers. C’est bien là le seul objet magique qu’on lui connaisse.

Correspondances magiques liées à Loki

Lorsqu’on parle de pratique magique, on en vient toujours aux correspondances, c’est à dire aux liens entre les divinités, plantes, pierres, couleurs,… qui peuvent nous servir à monter un rituel de manière harmonieuse. Loki n’y fait pas exception et voici donc une liste (non exhaustive) de ce qui lui est lié :

  • Signe du Zodiaque : Capricorne
  • Planètes / astres : Mars, Saturne, Jupiter
  • Fêtes païennes : Litha, Samhain
  • Runes : Fehu, Ansuz, Kenaz, Hagalaz, Naudhiz, Jera, Eihwaz, Ehwaz, Dagaz
  • Élément : Feu (+ Air & Terre)
  • Nombre : 2
  • Tarot : La Roue de Fortune (X), Le Pendu/Le Suspendu (XII), L’Arcane sans nom (XIII), Le Diable (XV), La Maison Dieu/La Tour (XVI), Le Mat/Le Fou
  • Plantes : aulne, bouillon blanc, genévrier, gui, hêtre, if, lierre, orme, prunellier, saule
  • Métal : or
  • Animaux : araignée, cheval, corbeau, corneille, coyote, lièvre, renard, serpent
  • Intentions : acceptation, apprentissage, beauté, changements, clairvoyance, communication, danger, défis, ingéniosité, destinée, humeurs, indépendance, inimité, liberté, magie, obstacles inattendus, occasions, protection (de l’espace personnel), ruse, soutien, travail chamanique (changement de forme), tromperie.

Concernant les runes, voici ce que celles qui sont liées à Loki symbolisent :

  • Fehu  f : le feu primordial, incontrôlable et destructeur, c’est l’énergie sans limite, le Chaos au sens ésotérique
  • Ansua  : c’est la rune de la Force, du son, de l’expression, de la respiration, de la communication, mais c’est aussi l’envol vers la liberté
  • Kenaz  k  : le feu domestiqué de la forge, mais aussi le feu interne qui consume ou qui transforme
  • Hagalaz  h  : rune du changement soudain et de l’averse de grêle qui bouleverse tout, symbole de l’imprévu qui semble désastreux de prime abord, et des crises
  • Naudhiz  n : rune de la nécessité, symbolise le feu du sacrifice (crises, épreuves, changements de cap), mais aussi du feu statique et pourrissant
  • Jera  j  : rune des cycles saisonniers mais aussi simplement la rune du temps, symbolisant l’éternel retour
  • Eihwaz  ï,ei : rune de la vie et de la mort, de l’if, de l’immortalité, importante rune chamanique reliant ce qui paraît désuni, elle sert aussi à enchaîner par la douleur
  • Ehwaz  e  : dualité, alternance, mouvement, oscillation, c’est la rune du cheval, elle représente aussi la part de féminin dans le masculin et inversement
  • Dagaz  d  : rune de l’aube, elle contient à la fois la lumière et l’obscurité, elle transforme, et elle unit aussi les forces contradictoires (rune du paradoxe donc)
Détail de la réplique de la croix de Gosforth : une figure avec une corne au-dessus d'une figure liée, généralement interprétée comme étant Loki enchaîné et devant supporter le supplice du venin du serpent lui coulant sur le front, et Sigyn faisant tout pour alléger la souffrance de son époux, en recueillant le venin dans un bol.
Détail de la réplique de la croix de Gosforth : une figure avec une corne au-dessus d'une figure liée, généralement interprétée comme étant Loki et Sigyn.

La dualité de Loki

La complexité de cette divinité l’entoure d’une aura puissante. Tout en Loki est une ode à l’ambivalence : il est attirant physiquement mais sa malveillance reconnue repousse, il met les Ases dans des situations désastreuses mais finit par résoudre leurs problèmes, et il maîtrise tout à la fois l’éloquence et la ruse…

Lorsqu’on l’étudie, on comprend vite que Loki n’est pas tout blanc ou tout noir, et que sa multiplicité en fait une divinité assez difficile à aborder. Difficile mais pas impossible, cependant (mais avec beaucoup de précautions).

Ni bon ni mauvais, ou bien tout à la fois bon et mauvais, Loki nous apprend la ruse autant que la méfiance. Cet archétype du « trickster », personnage mythique « fripon farceur » présent dans de nombreuses cultures, et souvent sous les traits d’un animal réputé chaotique ou d’une petite créature comme les gnomes ou les lutins, nous enseigne aussi bien des leçons. Et s’il est celui qui trompe et qui trahit, il est tout autant nécessaire au bon fonctionnement de toute société…  et d’un point de vue psychologique, il représente notre ombre, ce côté sombre que tout le monde a en soi et qui est tout à la fois ce que nous avons peur d’être et ce que nous n’osons pas être.

En cela je trouve l’idée de travailler avec Loki très intéressante. Mais il n’a pas l’image du dieu des farces pour rien, alors prenez-y garde ! N’allez pas vous acoquiner avec Loki sans savoir ce que vous faites et surtout ce que vous allez lui demander. Prenez soin de ne laisser aucune faille possible qu’il puisse utiliser contre vous, car il le fera, si le jeu lui paraît intéressant. Plus que jamais avec Loki la formulation importe autant que l’intention.

N’oubliez pas que Loki est comme le feu : s’il peut vous réchauffer et vous éclairer, il peut aussi vous brûler, et laisser une marque indélébile dans votre existence… Et si l’avoir comme allié n’est sans doute pas la première chose à laquelle on pense à son propos, il est certain que personne ne tient à avoir Loki comme ennemi. Mais en allié, il est possible qu’il soit capable de nous surprendre agréablement…

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. N’hésitez pas à partager en commentaire vos propres liens avec une ou plusieurs déités, c’est toujours un grand plaisir de voir d’autres points de vue et d’échanger sur les croyances…

A vendredi prochain pour un article un peu spécial, puisque cela fera, à un jour près, un an que je vous écris presque chaque semaine. Aussi, l’article de la semaine prochaine sera un peu particulier et probablement bien plus personnel que tous les autres.

Prenez soin de vous et que Mélusine vous garde…

Amélie la sorcière

Sources

  • « L’Edda poétique », Régis Boyer
  • « La mythologie viking », Neil Gaiman
  • « Le grand livre de correspondances », Sandra Kynes
  • Le site Mythologica
  • Article Wikipédia consacré à Loki (et liens associés)
  • « Galdarbók – La Voix des 24 Runes » de Galdar Sechador
  • Ainsi que mes connaissances non-sourcées et mes expériences personnelles
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